Entre tuba et direction d'orchestre, stages et conférences, émissions télévisées ou événementiels créatifs, Hervé BRISSE est partout où la musique avance et où les passerelles se tendent entre les artistes et les genres. Après des études au Conservatoire d'Amiens puis au CNSM de Paris où il décroche plusieurs Premiers Prix, bientôt suivis de Prix Internationaux, Hervé devient tuba solo à l'Orchestre National de Lille. Musicien éclectique engagé, enseignant, chef d'orchestre, producteur à Radio France, directeur artistique de documentaires à France 3, il crée des liens et suscite des rencontres originales entre artistes et formations musicales de tous horizons : amateurs et professionnels, DJ, stars de la chanson française... à travers différents genres musicaux : classique, musiques actuelles, slam, électro, musiques du Monde, pop, chanson française...



  • Hervé, comment as-tu découvert ta passion pour la musique ?
  • Transmission paternelle! Un père artiste, doué pour la comédie, l'écriture, musicien professionnel, joueur de tuba et chef d'harmonie (entre autres directeur de l'harmonie et créateur de l'Ecole de Musique de Doullens dans la Somme).

  • Serait-ce l'origine de cette volonté de faire co-habiter le monde des musiciens amateurs avec celui des professionnels ?
  • Quand, musicien en herbe au Conservatoire - celui d'Amiens - on tombe parallèlement très tôt dans ce chaudron magique qu'est l'orchestre d'harmonie, et que, plus tard - devenu musicien professionnel - on se souvient qu'on doit cette destinée aux moments d'émotions, de partage, que seuls ces orchestres amateurs savent transmettre: une véritable "école de la vie!", on a qu'une envie, c'est de le rendre au centuple. Et puis, contrairement à l'immobilisme ou au repli dans un passé nostalgique dont se complaisent certains organismes régionaux, dits, "fédérateurs", il est plus que temps, en ce 21ème siècle moderne et exigeant, de définir la place de cette pratique musicale, d'en faire évoluer son répertoire, son image, d'explorer de nouveaux publics, de concourir à sa reconnaissance médiatique... La valorisation du répertoire original, la création de passerelles avec le monde professionnel, mais aussi la mise en oeuvre de projets transversaux avec les autres formes musicales: musiques actuelles, musiques du monde... et les créations sont devenus, en ce sens, incontournables.

  • Musicien, enseignant, chef d'orchestre, médiateur, producteur radiophonique, directeur artistique... tant d'activités pour un seul homme! Comment te définirais-tu ?
  • Au risque de frôler la suffisance, je vous dirais que je ne suis pas insensible à l'universalité d'un Léonard de Vinci, une de mes idoles, capable de passer avec autant de talent du dessin à la musique, des sciences à la peinture, de l'écriture à la pédagogie... mais, bien qu'il définissait l'art comme : "causa mentale", je suis conscient d'être à des années lumières de son génie. Cela étant, et contrairement à la France d'aujourd'hui où plus qu'ailleurs on aime à spécialiser, étiqueter, ranger dans des groupes, des tiroirs ou des catégories en veillant à ce que personne ne déborde trop des limites, je suis plutôt adepte de l'universalité ou plus précisément de l'interdisciplinarité qualitative. Plus surement, le dénominateur commun à toutes mes aspirations me semble être le goût de la transmission, de l'émotion partagée, de la curiosité, de la découverte, une passion dévorante pour la création, les rapports humains...

  • L'OHLF est composé de musiciens amateurs. Reprendre sa direction a dû être un certain challenge pour toi. Quels sont les défis que tu as dû relever ?
  • Je souhaitais expérimenter et mettre en application les théories développées plus haut sans autant faire table rase du passé. Cette formation, comme beaucoup d'autres, a une histoire et s'il faut construire avec des idées modernes, c'est avant tout dans la reconnaissance du travail accompli par les prédécesseurs. L'évolution vers un répertoire original (pour les concerts dits "classiques", vous l'avez compris, sauf à rares exceptions, je récuse les transcriptions du répertoire symphonique ou les pseudos musiques de films aussi imaginaires qu'improbables), les créations, les rencontres avec les musiques actuelles: l'électro, le slam, les chanteurs, les groupes de rock... qui me tenaient à coeur, ont pris le temps d'un certain murissement, de l'acceptation par des musiciens parfois attachés à une image ou un mode de fonctionnement "traditionnel". Mais la plus grande des difficultés provient de l'absence à Fives d'une école de musique sensée, comme pour la plupart des orchestres de ce type, " alimenter" et équilibrer les effectifs. Les musiciens ne sont donc attirés et retenus que par les projets, l'ambiance et la qualité du travail. Certes, je ne vous cache pas qu'il y ait eu des moments d'inquiétudes, de tensions, de doutes aussi, mais, après quatre années jalonnées de défis relevés, d'aventures enrichissantes et inédites, nous sommes en mesure aujourd'hui de consolider nos objectifs et poursuivre un chemin tracé dans la modernité. Des orientations artistiques voulues et partagées, me semble-t-il, par l'ensemble des musiciens.

  • Aujourd'hui, comment qualifierais-tu cet orchestre ?
  • Si beaucoup de travail reste à accomplir, on peut dire que, par ses innovations, ses expérimentations, son souci de transversalité, son esprit créatif, son dynamisme, sa modernité, ses capacités d'adaptation, ses prestations thématiques, la mise en valeur du répertoire original et le soutien médiatique qui en découle, cet orchestre semble progressivement trouver sa place au sein du paysage culturel.

  • Quels sont tes projets pour l'OHLF ?
  • Les projets réalisés en amènent de nouveaux toujours plus riches et enthousiasmants. Là dessus, nous ne manquons ni d'idées, ni de choix. Il va de soi que l'esprit inventif, le souci de qualité, de progrès et d'excellence qui doivent toujours prédominer, me laisse entendre que tout ce qui se construit actuellement, au-delà des hommes et des femmes qui composent et mènent aujourd'hui cette formation, aboutisse à l'élaboration d'une structure pérenne.


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